Les organismes en défense de droits: toujours grandement sous-financés

Alors que les organismes communautaires entreprennent le 7 février une grève/fermeture/interruption de leurs services, six organismes de défense des droits de Saint-Hyacinthe dénoncent le sous-financement qui les affecte et qui remet en cause année après année le maintien de leurs services.
«Les organismes en défense des droits sont les enfants pauvres des organismes communautaires au Québec, souligne Roger Lafrance de l’ACEF Montérégie-est. En fait, sauf à une exception, le financement gouvernemental n’a pas été augmenté depuis 2004. Il n’a même pas été indexé! On nous demande toujours de faire plus avec moins.»
Ces six organismes sont le Collectif d’action populaire Richelieu-Yamaska, le Collectif de défense des droits de la Montérégie, le comité Logemen’mêle, le Mouvement Action Chômage, le Regroupement maskoutain des utilisateurs du transport adapté et l’ACEF Montérégie-est. Ces organismes interviennent auprès de différentes clientèles vulnérables : assistés sociaux, locataires, chômeurs, personnes en santé mentale, utilisateurs du transport adapté ou consommateurs.
Mal connus dans la population, ces organismes agissent comme chien de garde dans leur sphère d’activités respective. En plus de faire avancer certaines causes sociales, ils reçoivent de plus en plus des gens qui sont abandonnés par la machine gouvernementale. D’ailleurs, avec les coupes budgétaires des dernières années, le réseau de santé et les organismes gouvernementaux réfèrent de plus en plus les gens vers ces organismes pour obtenir certains services qu’ils offraient jusque-là.
«Pour les gens que nous rencontrons, nous sommes le dernier recours face à des services gouvernementaux et municipaux auxquels ils auraient droit, affirme Yvan Boulay, coordonnateur du Mouvement Action Chômage. Nos actions empêchent souvent ces gens de tomber encore dans une plus grande pauvreté.»
En décembre, le gouvernement Couillard a annoncé un nouveau plan de lutte à la pauvreté, dans lequel il prévoit un rehaussement du financement des organismes en défense de droits, dont un montant de 2,2 millions $ pour 2018-2019. Si les six organismes soulignent cette ouverture, ils s’interrogent sur la façon dont l’argent sera distribué.
«Est-ce que ce rehaussement sera accordé à tous les organismes? se demande Michel Gauvin, coordonnateur du Collectif d’action populaire Richelieu-Yamaska. Certains seront-ils privilégiés? Les organismes qui ne sont pas financés, comme le comité Logemen’mêle, recevront-ils enfin un financement de base? Nous n’en savons rien.»
Les six organismes se demandent ce qui adviendra de cette annonce si un nouveau gouvernement était élu l’automne prochain. Ils désirent aussi que la députée de Saint-Hyacinthe, Mme Chantal Soucy, et son parti prennent position publiquement sur la question.
«Les organismes en défense de droits sont souvent mal perçus dans la communauté car nous prenons souvent la parole pour dénoncer des injustices, rappelle Roger Lafrance. Pourtant, nos services sont essentiels car nous aidons concrètement les personnes les plus vulnérables. À cet effet, nous reconnaissons l’apport de la Ville de Saint-Hyacinthe qui nous loge dans un de ses édifices. La Ville reconnaît ainsi notre rôle auprès d’une partie de la population. Mais pour pouvoir continuer notre travail, il nous faut plus de financement à notre mission de base.»