Cannabis : ouverture et souplesse demandée

GRANBY, 5 NOVEMBRE 2018 – Depuis le 17 octobre, la consommation de cannabis est légale au Canada. Face à ce changement de règlementation, les municipalités ont entrepris une réflexion afin d’en limiter la consommation à des lieux précis.
À Granby, le conseil municipal a déjà opté pour interdire l’usage du cannabis dans tous les lieux publics, incluant les rues et trottoirs. D’autres villes, comme Saint-Hyacinthe, ont amorcé le processus de règlementation et envisagent aussi une position tout à fait semblable.
Cette vision inquiète l’ACEF Montérégie-est, un organisme communautaire qui conseille et soutient les locataires dans la défense de leurs droits. Pour cet organisme, une trop grande restriction risque d’entraîner des impacts importants pour les locataires.
«En effet, en interdisant le cannabis de tous les lieux publics, les seuls lieux que où les gens pourront fumer seront leur logement, leur balcon et le terrain de leur immeuble, signale Roger Lafrance, porte-parole de l’ACEF. En procédant ainsi, les municipalités renvoient le problème dans la cour des propriétaires.»
Déjà, plusieurs propriétaires interdisent l’usage du cannabis dans leurs immeubles. D’ailleurs, la loi encadrant l’usage du cannabis leur permet de modifier unilatéralement les baux de leurs locataires pour y ajouter cette clause. Les propriétaires ont jusqu’à la mi-janvier pour le faire.
«En restreignant trop l’usage du cannabis, les municipalités vont inciter les fumeurs à le faire dans leur logement même si leur propriétaire l’interdit, soutient M. Lafrance. Ce sont donc les autres locataires qui vont devoir subir l’odeur de cette drogue, avec toutes les répercussions que cela va entraîner pour le climat social à l’intérieur des immeubles à logements. Or, les propriétaires ne sont pas bien équipés pour gérer ce genre de conflits.»
C’est pourquoi l’ACEF Montérégie-est fait appel aux élus municipaux afin de faire preuve de souplesse dans leur règlementation. Il ne sert à rien de légaliser la consommation de cannabis d’une part et de l’interdire en tentant de contourner la loi.
«Pour l’instant, la meilleure avenue pour les élus est sans doute de faire preuve d’ouverture et de tolérance, quitte à s’ajuster au fur et à mesure que cette pratique se développera, conclut Roger Lafrance. Beaucoup de gens sont mal à l’aise face à la légalisation du cannabis, mais par contre, il faut éviter d’être trop contraignant, ce qui pourrait engendrer d’autres problèmes.»
L’ACEF Montérégie-est est un organisme communautaire dont la mission première est de venir en aide aux consommateurs. Elle couvre six MRC en Montérégie, soit Haute-Yamaska, Les Maskoutains, Acton, Brome-Missisquoi, Rouville et Pierre De Saurel. L’organisme offre des services d’aide aux locataires sur une partie de son territoire.